crédit: sonia malebranche - saz tigwav juillet 2010
LaPresse, article de Philippe Mercure
C’est de la nourriture pour l’esprit, explique Laurence Magloire, Montréalaise à l’origine de l’activité. Ils ont distribué du riz pour nourrir les ventres. Nous, on nourrit les âmes.»
Deux écrans géants à double face éclairés par des projecteurs numériques, une scène balayée de lumières multicolores, des consoles et haut-parleurs de qualité: derrière, Laurence Magloire et son équipe dirigent le spectacle, penchés sur une longue rangée d’ordinateurs portables.
Le groupe est loin d’en être à ses premières armes. Laurence Magloire est une ancienne de Radio-Canada qui a tout quitté il y a 10 ans pour revenir dans son pays d’origine. Depuis 2002, elle organise des tournées de cinéma dans tout Haïti pour montrer, éduquer et émanciper.
Inutile de dire qu’avec le séisme du 12 janvier, son projet a redoublé de pertinence. Food for Souls (de la nourriture pour les âmes) - une ambitieuse tournée de 17 semaines qui vise à tenir 260 représentations dans le pays. Le groupe compte entre autres visiter 52 camps de déplacés de Port-au-Prince.
«Les gens n’ont rien à faire actuellement, dit Laurence Magloire. La télé était déjà inexistante et ne remplissait pas son rôle d’éducation. C’est ce qu’on veut faire.»
Chaque représentation compte des spectacles musicaux, des interventions au micro, des vidéos et des films. Les animateurs font régulièrement circuler le micro parmi la foule, qui envoie ses appels à l’aide, ses récriminations ou quelques blagues qui font rire l’assistance.
De superbes images de paysages haïtiens ont défilé, afin de renforcer le sentiment d’appartenance des habitants pour leur pays. Entre tout ça, des messages éducatifs sur l’environnement, la planification familiale ou la façon d’affronter le traumatisme sont passés.
«Ça nous permet d’oublier nos problèmes, ça nous permet de relaxer», a dit Chantale René, l’une des milliers de sinistrés qui ont trouvé refuge au Champ-de-Mars.
Les fonds proviennent de commanditaires, parmi lesquels on trouve le célèbre rhum Barbancourt, ainsi que LGLSA, bureau haïtien de la firme d’ingénierie québécoise SNC-Lavalin.
Mme Magloire explique que le tremblement de terre a attiré l’attention sur la cause qu’elle défend. «C’est la première fois que les gens comprennent vraiment ce que je fais en Haïti. Avant, je mendiais pour avoir des sous. Là, tout le monde me dit: Je veux t’aider, je veux t’aider.»
Scène extérieure, foule qui se serre les coudes, longues rangées de toilettes chimiques: on aurait pu se croire au Festival de jazz ou aux FrancoFolies de Montréal, ce week-end, au Champ-de-Mars. Le hic, c’est qu’on ne sait pas encore quand on pourra enfin retirer ces toilettes «temporaires». Et que bon nombre de ceux qui se pressaient sur la place centrale y campent aussi depuis maintenant plus de six mois.
Au-delà de la catastrophe que représente le tremblement de terre du 12 janvier, il importait de se pencher plus longuement sur les raisons du désastre. C’est à cette analyse que s’attèle l’anthropologue Victor H. Ramos, paraguayen résident actuellement à Québec, dans ce texte dense et éclairant qui prolonge, par certains côtés, la mise en perspective historique proposée dans le numéro de DIAL d’avril 2008 [1]
Le moment est venu pour que les gouvernements qui participent à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), les Nations unies et en particulier les États-Unis, le Canada et la France, revoient de fond en comble les politiques erronées qu’ils ont appliquées en Haïti. » […] « La société haïtienne, ses organisations, ses mouvements sociaux et ses représentants au sein de l’État, doivent être les protagonistes de l’effort international de reconstruction de leur pays. Ils doivent être les premiers à être écoutés et entendus, et doivent conserver la maîtrise finale et souveraine des décisions prises sur leur destinée. » [3]
Réalisé et monté par André Filibien, jeune cinéaste haïtien de Port-au-Prince, ce documentaire dresse un portrait de la vie à Carrefour-Feuilles, quartier assez défavorisé de la capitale haïtienne qui a été sévèrement touché par le séisme de janvier 2010.
L’auteur illustre de façon frappante l’approche innovatrice de la santé communautaire élaborée par une remarquable ONG haïtienne nommée APROSIFA (Association Pour la Santé Intégrale de la Famille) au cours des 15 dernières années. Le travail effectué par APROSIFA dans ce quartier ainsi que les réseaux de communication et d’entraide qu’elle y a développé ont permis à cette organisation de prendre en charge immédiatement et efficacement les secours d’urgence que la situation exigeait après le séisme.
Il est très important de noter aussi que, même en mode « secours d’urgence », APROSIFA prend soin d’intervenir d’une façon respectueuse de la population visée par les secours. D’autre part ces interventions sont menées avec le souci de soutenir et de stimuler le redémarrage de l’économie locale plutôt que de créer une dépendance supplémentaire.
Ce film illustre aussi les ateliers créatifs (peinture, sculpture, photos, cinéma, musique) grâce auxquels les jeunes de ce quartier exorcisent leurs blessures et transforment leur réalité quotidienne.
L’auteur de ce film est un exemple des retombées positives du travail d’APROSIFA : c’est en participant à des ateliers de formation cinéma donnés à APROSIFA par André Vanasse qu’André Filibien a découvert sa passion pour le 7ième art.
CLIQUER SUR L’IMAGE CI-DESSUS POUR VISIONNER LE VIDÉO D’ANDRÉ FILIBIEN.
5 semaines après le séisme qui lui a fait perdre son bureau, la Plate-forme Nationale des Producteurs de Café d’Ayiti (PNPKA) s’est réunie pour la première fois.
Ce groupe rassemble des délégués de chaque région productrice.
Frito Merisier (au centre au premier plan) en est le coordonateur (sa maison a été détruite).
Grâce à l’initiative de Productions Bonsaï (André Vanasse) et la générosité de la FTQ (Denise Gagnon) un fonds d’urgence a été envoyé rapidement à Platfom-Kafe pour aider à remettre l’organisation en fonction.
POUR VISITER LE SITE WEB DE PNPKA, CLIQUER SUR LA PHOTO CI-DESSUS
Publié il y a 1 an et 11 mois à 14:50. 1 commentaire
C’est samedi dernier qu’a débuté l’exposition de peinture sous le thème « Folie ouverte » au centre culturel Brésil/Haïti à Pétion-Ville. Trois jeunes artistes peintres participent à cette exposition sous la direction de Gounod Louis Jean qui en profite également pour présenter ses œuvres. Plus de quarante toiles picturales sur des motifs variés sont soumises à l’appréciation du grand public.