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Rencontre avec la coordination nationale Haïtienne du Commerce Équitable

Décembre 2007, Port-au-Prince

Des rencontres ont été faites avec différents intervenants qui se battent depuis plusieurs années pour établir une table de concertation nationale représentant le mouvement paysan de chacune des régions du pays. En ce qui concerne le café, l’organisation s’appelle ‘’Coordination Campagne Café”. Ces individus, agronomes pour la plupart, m’ont dressé un tableau exhaustif de la situation ainsi que des défis auxquels les coopératives de producteurs de café sont confrontées présentement :
Le contexte qui avait été relativement favorable au développement des coopératives de café pendant dix ans a radicalement changé au cours des deux dernières années :

  • La forte croissance du développement touristique en République Dominicaine crée une nouvelle demande de café qui a un effet très pernicieux sur le marché haïtien.
  • Les spéculateurs dominicains viennent acheter clandestinement en Ayiti le café qui jusqu’à présent était écoulé par les coops. Celles-ci se trouvent donc brutalement privées d’une partie importante de leur approvisionnement.
  • La situation est aggravée du fait que les acheteurs Dominicains ont des standards de qualité incroyablement bas : ils achètent n’importe quoi au même prix que ce que les coops payent pour du café de bonne qualité (café ‘’lavé”, qui requiert beaucoup d’effort et de main d’oeuvre)
  • Quelques coops ont déjà cessé leurs activités, ou ont fait faillite.
  • Les résultats de quinze ans d’efforts coopératifs dans la filière café sont en péril car :

o Les coûts de production du café en Haïti sont considérablement plus élevés qu’en Amérique du Sud, pour des régions équivalentes (jusqu’à deux fois plus cher, re. Rapport de mission AVSF, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières septembre 2006, comparaison avec le Guatemala et la Bolivie)
o Une augmentation rapide du coût de la vie fait que le prix ‘’équitable” ne permet plus aux coops d’intéresser les producteurs à persister dans la production de café de haute qualité (méthode humide) : ceux-ci n’arrivent pas à en tirer une marge bénéficiaire viable, ni même souvent à couvrir leur frais de production
o Les coops n’ont pas accès à un fond de roulement adéquat pour pouvoir acheter le café au moment de la récolte avant que les Dominicains ne viennent le rafler en Haïti
o Les coops n’ont pas d’usine de traitement final (indispensable pour l’exportation) ; elles dépendent donc d’autres joueurs qui possèdent ces infrastructures mais qui leur font payer très cher leurs services
La filière café, qui est essentielle pour la relance de l’agriculture en Haïti, doit rapidement trouver des solutions en ce qui concerne :
1. Améliorer la capacité de gestion des coopératives
2. Accéder à du crédit (à un taux raisonnable et au bon moment) afin d’être en mesure d’acheter le café des producteurs au moment de la récolte
3. Acquérir des infrastructures de transformation (usine de traitement final)
Si les coops arrivent à répondre adéquatement à ces 3 défis, leurs coûts de production vont baisser, la rentabilité va être atteinte à nouveau et elles pourront continuer à solidifier leur réseau et à investir dans leurs communautés respectives.
Au cours des rencontres que nous avons eu avec les producteurs, les regroupements coopératifs et les ONG qui encadrent leurs efforts, il nous a été souvent posé la question :
‘’Que pouvez-vous faire pour nous aider à répondre adéquatement et rapidement à ces 3 besoins prioritaires ?”
Bien que les ressources de nOula soient présentement assez limitées, il va sans dire que nous voulons orienter nos futures activités commerciales afin qu’elles contribuent directement ou indirectement à générer des solutions viables à cette problématique.





Publié il y a 1 an et 8 mois à 11:53.


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