COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Port-au-Prince, lundi 29 Mars 2010

48 heures avant la divulgation à New-York du “Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement National d’Haïti”, la Plateforme Nationale des Producteurs de Café d’Haîti” (PNPCH) tenait une conférence de presse au cours de laquelle elle a formulé une fois de plus ses demandes au gouvernement pour la mise en place du plan de développement stratégique élaboré par PNPCH pour la filière café en Haïti.
Il est à noter que la crainte des associations paysannes d’être exclues des processus décisionnels qui les concernent semblent avoir été renforcée depuis par la lecture qu’ils ont faite du “Plan d’Action” publié le 31 mars par le gouvernement Haitien, et dans lequel, par exemple, la filière café n’est pas même mentionnée.
De gauche à droite sur la photo: Issanor Bernard (Baptiste), Ertha Clercidor Papillon (Pestel) et Frito Merisier (Thiotte).
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CARICE (Dept du Nord-Est)
15 mars 2010:

Nous avons continué notre périple par une visite de deux coops qui font partie de Recocarno dans la zone Nord-Est du pays, très proche de la frontière Dominicaine. C’est une superbe région montagneuse assez difficile d’accès à cause de l’état des routes. En fait il s’agit plutôt de pistes en terre battue qui se transforment parfois en torrents quand il pleut.
Le but de ce voyage était de vérifier un lot de café dont nous avions analysé et dégusté un échantillon à Dondon, quelques jours auparavant.
Il fallait s’assurer que ce lot de café, que nous avions choisi parmi 13 autres, était vraiment conforme et identique à l’échantillon-test. Effectivement c’était le cas, et nous avons donc confirmé au président de la coop notre intention d’acheter ce lot.

Nous avons alors célébré cet évènement en partageant avec les trieuses de café un espresso fait avec le café en question, grâce à la machine à espresso portative de Christian Lacroix.

Puis nous avons parcouru le très beau territoire de Carice afin de nous familiariser avec ce terroir en y rencontrant quelques producteurs de café qui nous ont expliqué leurs méthodes d’entretien des caféières qui sont très complexes et intensives, mais qui leur permettent de lutter contre les parasites et d’améliorer la productivité avec des moyens naturels et biologiques,
Maintenant que nos lots de café sont choisis, Christian Lacroix retourne à Montréal pour le Show Expo-Santé au Palais des Congrès. nOula va y être présent avec un kiosque qui présente au public du Québec les producteurs d’Ayiti et leur excellent café ainsi que Recocarno (le Réseau des coopératives caféières de la Région du Nord).

Pendant ce temps André Vanasse et JCS continuent à œuvrer pour trouver un bateau à destination de Montréal sur lequel charger notre conteneur de café. Ceci n’est pas une mince affaire, car depuis le séisme de janvier, le trafic maritime est assez perturbé. Aux dernières nouvelles l’embarquement devrait se faire aux alentours du 28-29 mars et le départ de notre conteneur vers Montréal le … 1er avril !…
Demain nous quittons Okap, pour le plateau central: destination Hinche pour une rencontre avec deux “trésors d’Ayiti. Le MPP (Mouvement Paysan Papaye) et Pandiassou, (communautés de base fondées Par Armand Franklin),
(À suivre)

Dondon : 11-12 mars 2010
RENCONTRES AVEC DE REMARQUABLES PAYSAN(NE)S

MARIE-JEANNE ZÉPHYR, LEADER D’UN GROUPE DE PRODUCTRICES
Nous passons deux jours à Dondon, petite ville de montagne située à 1h30 au nord de Cap-Haïtien. Nous partageons notre temps entre la dégustation de 13 lots de café vert (parmi lesquels nous devons choisir notre approvisionnement 2010) et la découverte des différentes coops de producteurs et groupes communautaires qui constituent le dynamique tissu social de cette charmante localité.
Bien que la dernière récolte ait été peu abondante, la qualité du café n’en est pas moins excellente.

Christian Lacroix, notre expert dégustateur\torréfacteur qui en est à son premier voyage en Ayiti, se réjouit de la qualité de ce café et se régale de rencontrer les producteurs et d’explorer avec eux leur terroir.
Nous passons la première journée à évaluer les différents lots, à torréfier les échantillons et à les déguster en vue de sélectionner les lots que nous allons acheter pour les exporter vers Montréal.
Au cours de la seconde journée nous rencontrons plusieurs groupes communautaires de Dondon : un groupe qui travaille à développer l’écotourisme autour du concept de « La route du café » solidaire, un autre qui fait de l’alphabétisation (en créole pour adultes) et enfin un groupe de productrices de café.

La condition requise pour faire partie de l’AFGA (Association des Femmes de Cagagva) est qu’elles exploitent elles-mêmes au moins une parcelle de terrain en café. Il y a 350 femmes dans la coop CAGAGVA, dont 54 font partie de l’AFGA) La coordonnatrice de ce groupe, Marie-Jeanne Zéphyr nous emmène sur son « jardin », qui est le terme utilisé ici pour désigner toute forme d’exploitation agricole. Dans le cas de la parcelle que Marie-Jeanne nous fait fièrement visiter, il s’agit d’un impressionnant écosystème dans lequel des caféiers sont plantés à l’ombre d’arbres fruitiers de plus grande taille et qui fournissent l’ombrage indispensable pour produire du café de haute qualité. Autour de ces arbres, les paysannes cultivent une grande variété de tubercules, de pois et de légumes qui servent à diversifier leur alimentation et qu’elles vendent aussi sur les marchés locaux.

Cet impressionnant exemple de « l’écosystème caféier » est une illustration parfaite d’un des rares modèles de développement qui fonctionne à la fois au plan économique (revenus de commercialisation sur le marché local ainsi que par l’exportation) et sur le plan écologique. En effet cet écosystème assure une couverture végétale très efficace des zones élevées pour empêcher l’érosion des terres arables et les inondations catastrophiques que celle-ci provoque à la saison des pluies dans les plaines.

MONTRÉAL > PORT-AU-PRINCE
9-10 MARS 2010
Nous faisons ce parcours pour la première fois depuis le séisme. Ici personne ne prononce plus ce mot qui est devenu tabou : dans la bouche des haïtiens c’est devenu « l’événement ». Je suis heureux d’enfin pouvoir retourner “au bercail”, mais en même temps un peu appréhensif d’être en contact direct avec les conséquences de la dévastation.
Tout au long de la descente vers PaP, le silence s’est installé dans l’avion au moment même où d’habitude la joie débridée et la bonne humeur fusent de toutes parts. Presque pas un mot aujourd’hui jusqu’à ce que les roues de l’avion touchent la piste un peu abruptement. Le pilote a quand même droit à des applaudissements, à moins que ce ne soit plutôt un salut au courage du peuple haïtien.

Vu que nous étions attendu à Cap-Haïtien nous n’avons fait que transiter à l’aéroport Toussaint Louverture: les anciens bâtiments sont encore debout mais fissurés et hors service. Des bâtiments temporaires ont été érigés pour permettre la reprise du trafic commercial, pendant que le reste de l’aéroport est encore monopolisé par l’armée américaine et les activités humanitaires qu’y mènent des ONG provenant de nombreux autres pays.
Après un transit un peu chaotique nous prenons place à bord d’un petit bimoteur qui nous conduit au Cap en quelques minutes.

CAP-HAïTIEN
La première moitié de la journée est consacrée à une rencontre avec notre fournisseur de café qui nous héberge et nous prend en charge tout au long de notre séjour dans le Nord (le nord du sud bien entendu…)
Équipe de Recocarno (Réseau des Coopératives Caféières de la Région Nord) qui est:

Recocarno regroupe :
Structure organisationnelle :
Infrastructures :
Au cours de cette rencontre nous avons :
Cette première journée de travail fut vraiment productive, bien qu’elle se soit terminée avec une mauvaise surprise : le transitaire de Recocarno n’a pas de bateau en partance la semaine prochaine. Nous devons en trouver un très rapidement.

jcs
(À suivre)
Port-au-Prince 19 février 2010:
5 semaines après le séisme qui lui a fait perdre son bureau, la Plate-forme Nationale des Producteurs de Café d’Ayiti (PNPKA) s’est réunie pour la première fois.
Ce groupe rassemble des délégués de chaque région productrice.
Frito Merisier (au centre au premier plan) en est le coordonateur (sa maison a été détruite).
Grâce à l’initiative de Productions Bonsaï (André Vanasse) et la générosité de la FTQ (Denise Gagnon) un fonds d’urgence a été envoyé rapidement à Platfom-Kafe pour aider à remettre l’organisation en fonction.
POUR VISITER LE SITE WEB DE PNPKA, CLIQUER SUR LA PHOTO CI-DESSUS

Jakmel, Décembre 2007

Paula Hyppolite est venue s’installer dans les montagnes de Kap Wouj (Cap Rouge) il y a quelques années, après avoir vécu à New-York City pendant 25 ans.
Peu après elle a fondé avec 6 paysannes des montagnes de la zone de Kap Wouj le collectif ‘’Just Grow”, une entreprise de transformation de café et de chocolat en poudre.

Cette production artisanale, principalement écoulée à Jakmel et Port-au-Prince, donne à ces femmes un revenu très minime certes, mais qui leur offre néanmoins une alternative à l’épuisant va-et-vient quotidien qu’elles doivent faire à pied jusqu’au marché de Jakmel pour assurer la subsistance de leurs familles.

Étant donné que ces mères de familles nombreuses sont mono parentales, le fait de pouvoir rester proches de leurs enfants est un précieux avantage pour l’équilibre familial. L’échelle artisanale de cette production la rend difficilement exportable par les moyens conventionnels (transport maritime par conteneur).
Cependant l’initiative de Paula mérite d’être encouragée, car elle représente selon nous un modèle inspirant qui devrait être copié et multiplié.

Si certains d’entre vous ont des idées qui pourraient devenir des manifestations concrètes de solidarité envers le collectif de Kap Wouj s.v.p. me faire signe pour que je vous mette en contact avec Paula.
Port-au-Prince, avril 2007
La FACN (Fédération des Associations Caféières Natives) dont Jean-Marc Vital est le dynamique directeur général est l’une des trois principaux regroupements de producteurs de café équitable d’Haïti

Sa mission est la transformation finale du café, sa commercialisation et son exportation.
Elle a son bureau à Port-au-Prince et deux usines de transformation : une au Sud (à Tomgato) et une au Nord (à Marmelade).
L’usine de Marmelade se trouve à l’intérieur d’un impressionnant complexe (le Centre Jean Dominique) qui est le fruit d’une coopération entre Taiwan et le Ministère de l’Agriculture d’Haïti.
Trois filières principales y sont développées depuis cinq ans déjà : le bambou, le café et les agrumes
Chacune de ces filières y est développée simultanément au plan agricole et au plan transformation
La FACN a participé activement au développement de la filière café :
Techniques biologiques de cultures et de lutte antiparasitaires
Techniques de première transformation (méthode humide) permettant de produire du café de haute qualité, exportable sur le marché équitable.
Construction d’une usine de transformation finale (nettoyage, triage, et mise en sacs du café vert). La technologie et l’équipement proviennent de Cuba (qui est seulement à soixante kilomètres des côtes haïtiennes).
Le complexe Jean Dominique est dans sa cinquième année d’existence. Les résultats sont spectaculaires et inspirants. Le ministère de l’Agriculture est en train de céder ces installations à une coopérative formée par les petits producteurs locaux et la FACN).
Tomgato :
Située à l’autre bout du pays (plein sud, entre Port-au-Prince et Jakmel) Tomgato est l’usine de transformation principale de la FACN. L’équipement est similaire à celui de l’usine de Marmelade, mais sa capacité en est trois fois supérieure.
La FACN a mis sur le marché une marque de café de qualité supérieure qui s’appelle ‘’Haitian Blue” (en bon français). Les exportations (environ une dizaine de conteneurs de 36,000 livres par année) sont faites vers l’Angleterre, la France et le Japon. Il est à souligner que l’idée initiale qui a causé la création de NOULA provient de la prise de conscience que nous avons faite en 2006 qu’aucune de ces exportations de café n’est dirigée vers l’Amérique du Nord.