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COOPÉRATIVE DE DONDON

Dondon : 11-12 mars 2010

RENCONTRES AVEC DE REMARQUABLES PAYSAN(NE)S

MARIE-JEANNE ZÉPHYR, LEADER D’UN GROUPE DE PRODUCTRICES

Nous passons deux jours à Dondon, petite ville de montagne située à 1h30 au nord de Cap-Haïtien. Nous partageons notre temps entre la dégustation de 13 lots de café vert (parmi lesquels nous devons choisir notre approvisionnement 2010) et la découverte des différentes coops de producteurs et groupes communautaires qui constituent le dynamique tissu social de cette charmante localité.

Bien que la dernière récolte ait été peu abondante, la qualité du café n’en est pas moins excellente.

Christian Lacroix, notre expert dégustateur\torréfacteur qui en est à son premier voyage en Ayiti, se réjouit de la qualité de ce café et se régale de rencontrer les producteurs et d’explorer avec eux leur terroir.

Nous passons la première journée à évaluer les différents lots, à torréfier les échantillons et à les déguster en vue de sélectionner les lots que nous allons acheter pour les exporter vers Montréal.

Au cours de la seconde journée nous rencontrons plusieurs groupes communautaires de Dondon : un groupe qui travaille à développer l’écotourisme autour du concept de « La route du café » solidaire, un autre qui fait de l’alphabétisation (en créole pour adultes) et enfin un groupe de productrices de café.

La condition requise pour faire partie de l’AFGA (Association des Femmes de Cagagva) est qu’elles exploitent elles-mêmes au moins une parcelle de terrain en café. Il y a 350 femmes dans la coop CAGAGVA, dont 54 font partie de l’AFGA) La coordonnatrice de ce groupe, Marie-Jeanne Zéphyr nous emmène sur son « jardin », qui est le terme utilisé ici pour désigner toute forme d’exploitation agricole. Dans le cas de la parcelle que Marie-Jeanne nous fait fièrement visiter, il s’agit d’un impressionnant écosystème dans lequel des caféiers sont plantés à l’ombre d’arbres fruitiers de plus grande taille et qui fournissent l’ombrage indispensable pour produire du café de haute qualité. Autour de ces arbres, les paysannes cultivent une grande variété de tubercules, de pois et de légumes qui servent à diversifier leur alimentation et qu’elles vendent aussi sur les marchés locaux.

Cet impressionnant exemple de « l’écosystème caféier » est une illustration parfaite d’un des rares modèles de développement qui fonctionne à la fois au plan économique (revenus de commercialisation sur le marché local ainsi que par l’exportation) et sur le plan écologique. En effet cet écosystème assure une couverture végétale très efficace des zones élevées pour empêcher l’érosion des terres arables et les inondations catastrophiques que celle-ci provoque à la saison des pluies dans les plaines.



Publié dans FILIÈRE CAFÉ il y a 1 an et 10 mois à 5:20.


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